Matériel d’aide aux soins : aide ou contrainte ?

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Avec l’allongement de la durée de la vie, qui est une bonne nouvelle en soi, nous devinons toutes les difficultés que génèrent les faiblesses de nos pauvres corps à un âge avancé. Et l’ingéniosité de l’homme n’ayant pas de limite, il s’invente et se crée des matériels et équipements nouveaux tous les jours. C’est aussi une bonne nouvelle mais cela suppose un peu de préparation ! Quand on songe investissement, il faut penser projet, organisation et maintenance…

Commençons par un peu d’organisation…

Avant toute chose, de quoi parlons-nous ? Le matériel d’aide aux soins regroupe tous les équipements qui permettent d’accompagner les personnes dépendantes âgées ou handicapées pour les soins dont elles ont besoin, tout en soulageant le travail des soignants eux-mêmes.
Ce matériel est donc au service des personnels pour les aider à accompagner les personnes vulnérables dans les meilleures conditions de confort et de sécurité.

Malheureusement, vous avez tous dans vos réserves du matériel qui sommeille. Après une période d’enthousiasme du personnel devant un équipement tout neuf, on ne finit par voir que les inconvénients de ce même matériel : « il est trop lourd » disent certains, “il prend un temps infini pour le nettoyer” disent d’autres, “les résidents n’en veulent pas” affirment d’autres encore. Pour que ce matériel soit vraiment utilisé et ne finisse pas dans un placard, il doit être présenté et surtout accepté, tant par les personnes dépendantes que par les soignants. Prenez donc du temps avec toutes les personnes qui gravitent autour de ces équipements afin de les familiariser avec ce nouveau matériel pour qu’il devienne un moyen efficace au service du projet de soins !

Pour atteindre ce résultat, plusieurs moyens peuvent être mis en oeuvre avant l’acquisition :

  • les partages d’expérience avec d’autres établissements : un établissement déjà équipé peut être un exemple pour les équipes qui peuvent alors rencontrer leur collègue pour évaluer l’intérêt du matériel et les conditions d’une bonne utilisation ;
  • le conseil de la vie sociale : informer ses membres lorsque le projet a mûri favorise l’acceptation des nouveautés. Cet organe consultatif mérite d’être associé aux évolutions qui touchent aux personnes fragiles, à leur craintes et à celle de leur familles très sensibles à la manière dont on traite leur parent âgé ou handicapé ;
  • la mise à disposition de matériel en test : les fournisseurs de matériels peuvent être sollicités ! Ils assurent une formation et donnent toutes les explications nécessaires pour bien utiliser toutes les fonctionnalités des matériels. C’est aussi l’occasion de tester différents modèles de différents fournisseurs. À ce titre, même des rails de transfert peuvent être installés dans une chambre témoin !

Un outil de plus au service du projet de soins ?

Si la baignoire balnéo dernier cri entre dans votre établissement, il faut qu’elle trouve aussi sa place dans le projet de soin. Cela suppose que toutes les équipes aient été informées et qu’elles aient réfléchi au projet, chacun en fonction de son implication :

  • en premier lieu les soignants : le temps nécessaire à la mise en oeuvre du matériel, les objectifs poursuivis (bien-être, thérapie, relaxation…), les personnes bénéficiaires, le temps de rangement, de désinfection, de nettoyage ;
  • mais aussi le personnel de ménage qui peut être responsable aussi du nettoyage ;
  • l’agent de maintenance qui sait l’entretien qu’il va devoir assurer régulièrement ;
  • et bien d’autres… !

Bref, il s’agit de cerner complètement les conséquences de l’acquisition et de l’utilisation de cette baignoire, tant en terme de bénéfices attendus que de contraintes. Et ce d’autant plus que les fournisseurs, vous l’aurez noté, sont très présents pour vous présenter les avantages de votre future acquisition et minimisent les contraintes.

Et cet exemple peut être transposé à bon nombre d’autres matériels. Le cas des rails de transfert est assez intéressant à évoquer pour d’autres raisons : parce que ce matériel fixe est à disposition des soignants et des résidents, alors il est un enjeu de pratiques professionnelles. Utiliser ce matériel pour un résident, est-ce un choix individuel ou est-ce un choix d’équipe en fonction du projet de soin ? Voilà la question qui doit présider à la décision d’installer ce matériel et ce, même si la CARSAT (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail) fait pression. En ce sens, le choix du moteur – nomade, démontable ou fixe (présent partout où il y a des rails) – est déterminant pour que le matériel soit utilisé non en fonction du choix du soignant mais parce qu’il a été évalué que c’était nécessaire et accepté par le résident.

…et n’oublions pas la maintenance !

Ces matériels techniques (et donc complexes !) doivent être en bon état car ils sont susceptibles de mettre en danger l’intégrité des personnes accompagnées ou celle du soignant…. Un lève malade, un verticalisateur, c’est précieux, mais cela peut être aussi dangereux ! Que penser alors d’un rail de transfert qui permet de mobiliser des personnes dans d’excellentes conditions… suspendues à un fil !
Plus ces matériels sont sophistiqués, plus la garantie d’un bon fonctionnement est nécessaire car la responsabilité de l’établissement est engagée. Et là commencent les difficultés à séparer ce qui est nécessaire de ce qui est superflu.

Un contrat de maintenance préventive est souvent une bonne solution pour maintenir les matériels en bon état de fonctionnement et éviter qu’ils ne tombent en panne au mauvais moment. Il peut être plus ou moins complet, du simple contrôle préventif annuel au contrat intégrant pièces et main-d’œuvre. Il est aussi intéressant dans la mesure où il remplit l’obligation de contrôle qui s’impose sur certains matériels susceptibles de mettre en danger les résidents ou les agents. Le contrôle annuel n’est pas obligatoirement assuré par un agent extérieur ; il peut être assuré par l’agent de maintenance qui consignera ce contrôle souvent visuel, ainsi que les éventuelles interventions (resserrer un boulon, changer une sangle, graissage…) dans un registre. Ce contrat représente un coût bien identifié qui pourra être intégré dans le budget de l’établissement.

Ainsi, l’acquisition d’un nouveau matériel d’aide aux soins suppose une réflexion globale pour que cet investissement soit utile et qu’il soit entretenu (et sûr !) durant toute son utilisation. Nos équipes sont à votre disposition pour vous accompagner sur tous vos besoins de matériel d’aide aux soins.

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Chef de marchés spécialiste du secteur médico-social. Après une expérience de direction d’établissement médico-social, il négocie pour votre établissement les marchés suivants : > complémentation orale, > défibrillateurs, > dispositifs médicaux, > entretien du linge des résidents, > évaluation externe et interne, > linge plat, rideaux et matelas, > lits médicalisés, > location et entretien d'article textile, > location et entretien du linge, > produits d'incontinence, > travail temporaire médical, > vêtements professionnels.

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