Portrait d’une peinture de façade

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La façade des bâtiments mérite une attention particulière lorsqu’il s’agit de choisir la peinture qui sera appliquée. En effet, que ce soit vous ou un prestataire qui vous occupiez de cette tâche, vous allez devoir répondre à des questions précises qui vont vous permettre d’utiliser le bon revêtement, parfaitement adapté à vos besoins et au support sur lequel il est appliqué.

Des critères de résistance

Plus qu’une peinture, on parle plutôt d’un « revêtement » en ce qui concerne une façade, car il répond à des besoins qui vont bien plus loin que le simple aspect et la couleur d’une peinture.
La nature même de la façade va imposer des points de vigilance à prendre en compte : par exemple s’il y a mouvement du support, des fissures peuvent apparaître, qui ne proviendront donc pas du produit utilisé mais bien de la structure. Une paroi peut effectivement être constituée d’éléments séparés ou assemblés, ce qui nécessitera une adaptation et influencera, dès le départ, le choix du revêtement, plus ou moins élastique.

Les qualités intrinsèques de la façade vont, elles aussi, avoir une importance : les produits devront être choisis en fonction de la porosité, la dureté, la pulvérulence (caractère « poussiéreux »), l’exposition à l’humidité du support, ou extérieure, l’orientation (donc l’exposition aux rayonnements solaires et UV), la massivité et l’inertie, la composition ou encore la chimie des matériaux en présence. Ainsi, bien que le cas soit rare, le tanin d’un bois peut faire réagir les lasures ou bien, pour prendre un autre exemple, sachez que le zinc ne tolère pas toutes les peintures, qui sont susceptibles de « peler » si elles ne sont pas bien choisies et spécifiques.
Par ailleurs, la façade joue donc un rôle dans la transmission ou la restitution des éléments tels que l’eau, la vapeur, l’air ou la chaleur ou le gaz carbonique : tout doit pouvoir doit pouvoir circuler, ou pas, de manière contrôlée. En outre, les composants d’un mur emmagasinent la chaleur puis la restituent variablement. Ce phénomène est accentué ou atténué, selon la couleur du revêtement et son exposition, et en fonction de la présence ou non d’isolant, sa performance et son implantation.
Il existe une codification GESVWAC classant les revêtements en fonction de différents critères :
G – aspect : il peut être brillant ou mat, ou adopter tous les aspects intermédiaire (satiné, velours, etc.) ;
E – épaisseur : si l’on choisit de conserver la granulosité du support, on optera pour un revêtement fin. A l’inverse, on optera pour un produit semi épais si l’on souhaite masquer cette granulosité ou en créer une autre ;
S – texture : tendue, pochée, effet enduit, effet matière, etc. Il s’agit là d’un critère esthétique. De multiples textures sont proposées à l’heure actuelle ;
V – perméabilité à la vapeur d’eau, qui permet au support de respirer ;
W – étanchéité à l’eau : un des rôles d’une peinture de façade est de protéger la paroi des intempéries, tout en tenant compte aussi du fait que le support doit pouvoir « respirer » pour évacuer l’eau ;
A – souplesse, élasticité et résistance à la fissuration. C’est la caractéristique qui permet au revêtement d’absorber une partie des mouvements du support, et ainsi masquer les micro fissures ;
C – Perméabilité au gaz carbonique.

On peut compléter cette liste en évoquant la résistance aux salissures et à l’accroche des poussières. Les rebords de fenêtres font partie des exemples que l’on peut citer tant on voit régulièrement sur les murs des coulures brunâtres, en « moustaches » au niveau des extrémités.
En plus de la texture répertoriée en « S », voici d’autres critères auxquels faire attention, d’ordre tout aussi visuels…

Des critères d’apparence

  • la teinte : il s’agit de la couleur choisie, elle peut résulter d’un mélange de couleurs ;
  • le ton : il caractérise l’intensité de la couleur ;
  • la saturation : concerne la vivacité de la couleur ;
  • la luminosité : est-ce qu’on souhaite que la façade prenne une apparence particulièrement lumineuse dans le cas où elle serait trop ombragée ?
  • exposition aux UV : caractéristique technique qui a son importance puisqu’une façade très exposée aux UV devra être recouverte avec un produit plus adapté et éventuellement de couleur claire si l’on souhaite ne pas surchauffer la surface ;

Enfin, avant d’appliquer le produit, il faudra songer à la bonne préparation du support, toujours en fonction de sa composition : primaire, marouflage, sablage, jet haute pression ou dégraissage, suivant les cas.

Peut-être vous serez-vous dit, en lisant cet article, « je n’avais pas pensé à tout cela ! ». Il y a effectivement une liste importante de questions à se poser, ou que votre prestataire vous posera, au moment de refaire votre façade. Ne soyez pas étonnés si certaines peuvent vous paraître farfelues : il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, que l’on ne soupçonne pas toujours ! Si vous avez un doute, demandez au fournisseur spécialiste du marché « peinture & revêtements de sol » de se déplacer pour étudier la façade concernée, il saura vous conseiller pour ne pas vous tromper dans cette opération délicate… et effectuée pour une durée indéterminée et la plus longue possible !

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Chef de marchés Bâtiment Architecte DPLG - Après 25 années d'exercice de la profession d'architecte, il négocie pour vous les marchés : > sécurité Incendie : protection Incendie, SSI ; > fournitures du bâtiment : peinture, fournitures électriques, outillage-sanitaire, matériaux de construction, tubes & PVC, location de matériel, cabines sanitaires, entretien des espaces verts

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